Âge, Spermatozoïdes, Fertilité : Le Guide du Chien Mâle

🇬🇧Read in English

Récemment, je me suis plongé dans une étude fascinante… sur le microbiome du sperme canin. Ce sujet a évidemment piqué mon intérêt en tant que spécialiste de la reproduction ! En effet, mes blogs récents ont exploré le microbiome intestinal — une tendance majeure en médecine humaine et vétérinaire — chez les chiots et les chatons, mais il est clair que le rôle des bactéries s’étend bien au-delà. Cette révélation sur le microbiome du sperme m’a intrigué : Quels secrets pourrait-elle dévoiler concernant la fertilité des chiens mâles, et comment cette connaissance pourrait-elle révolutionner les pratiques d’élevage ? En tant que personne profondément impliquée dans la santé reproductive, j’étais impatient de découvrir comment ces informations pourraient aider les éleveurs de chiens. Cette recherche passionnante m’a inspiré à partager mes réflexions sur l’état actuel des tests de fertilité pour chiens mâles et les directions prometteuses vers lesquelles nous nous dirigeons.


  1. À quel âge les chiens mâles peuvent-ils commencer à se reproduire ?
    1. Comprendre la maturité sexuelle du chien mâle
    2. Signes de fertilité chez les chiens mâles
    3. Bilans de santé avant la reproduction
  2. Comment s’assurer que votre chien mâle est fertile ?
    1. L’importance des visites vétérinaires régulières
    2. Le rôle du Spermogramme
    3. Examen échographique du système reproducteur du mâle
    4. Aperçus hormonaux : Le rôle des niveaux d’œstrogènes dans l’évaluation de la fertilité canine
    5. Cultures ET la fertilité canine ?
  3. Problèmes de fertilité courants et solutions

À quel âge les chiens mâles peuvent-ils commencer à se reproduire ?

Un chien mâle, illustrant le sujet de la maturité sexuelle du chien mâle. Le chien semble en bonne santé et alerte, symbolisant la fertilité et la vitalité.

Comprendre la maturité sexuelle du chien mâle

Lorsqu’il s’agit de reproduction canine chez le mâle, une question cruciale devrait toujours occuper le devant de la scène : À quel âge un chien mâle peut-il commencer à se reproduire avec succès ?

Comprendre les subtilités de l’âge de fertilité du chien mâle est essentiel pour tout éleveur responsable ou propriétaire de chien. Après tout, le timing est primordial dans la danse délicate de la reproduction canine.

D’après mon expérience, il existe trois pièges courants dans lesquels beaucoup tombent en raison d’une méconnaissance de la fertilité du chien mâle.

Premièrement, il y a le problème de la fertilité précoce.

Nombreux sont ceux qui sont pris au dépourvu lorsque leur chien mâle apparemment jeune engendre une portée de façon inattendue…

Ensuite, il y a l’empressement à reproduire trop tôt.

C’est une idée reçue courante qu’un chien mâle est prêt à engendrer des portées fortes et saines dès qu’il montre les premiers signes d’intérêt sexuel. Cette précipitation peut conduire à l’infertilité ou à des portées décevantes de petite taille.

Cela est particulièrement problématique dans les grandes races où le “syndrome du chiot unique” peut poser d’importants défis lors de la mise-bas.

À l’inverse, attendre trop longtemps peut être tout aussi préjudiciable.

Avec l’âge des chiens mâles, la qualité de leur sperme peut décliner, réduisant leurs chances de fécondation réussie.

Oui, c’est en effet un équilibre délicat, entre trouver l’âge idéal de reproduction pour assurer la vitalité des descendants et préserver la santé des chiens reproducteurs impliqués.

Alors, quel est le bon moment ?

La biologie, comme toujours, offre une variété de réponses, chacune adaptée au chien individuel.

Cependant, certaines directives générales peuvent nous orienter dans la bonne direction.

L’apparition de la puberté chez les chiens mâles est étroitement liée à leur taille adulte, ce qui signifie :

Taille du chienÂge d’atteinte de la puberté
Petits chiens (moins de 10kg ou 22 livres)4-6 mois
Chiens moyens (10-25kg ou 22-55 livres)6-8 mois
Grands chiens (25-45kg ou 55-99 livres)10-12 mois
Chiens géants (plus de 45kg ou 99 livres)12-24 mois

Âge auquel un chien mâle atteint la puberté selon sa taille

C’est une information importante à garder à l’esprit !

J’aime raconter cette anecdote pendant mes présentations, celle de deux Teckels d’une même portée laissés ensemble parce que “c’étaient de jeunes chiots”.

À seulement 4 mois, le mâle a réussi à féconder la femelle… conduisant à une portée totalement inattendue.

Cette histoire est arrivée il y a longtemps, mais c’est toujours un rappel frappant que la nature a son propre calendrier, souvent indépendamment de nos horaires et attentes humaines.

Il est important de distinguer entre puberté et maturité sexuelle.

Alors que la puberté indique le début de la production de sperme, ces premiers éjaculats manquent souvent de la puissance nécessaire pour une fécondation réussie. La véritable maturité sexuelle, marquée par la production de sperme fertile, correspond généralement à l’atteinte par le chien de sa taille adulte, qui varie considérablement selon les races.

Taille du chienÂge d’atteinte de la taille adulte
Petits chiens (moins de 10kg ou 22 livres)10 mois
Chiens moyens (10-25kg ou 22-55 livres)12 mois
Grands chiens (25-45kg ou 55-99 livres)15 mois
Chiens géants (plus de 45kg ou 99 livres)18-24 mois

Âge auquel un chien mâle atteint sa taille adulte

Compte tenu de ces complexités, la voie prudente consiste à attendre qu’un chien mâle ait non seulement atteint sa maturité sexuelle, mais également son développement physique complet.

Cette approche augmente non seulement les chances de reproduction réussie, mais soutient également la santé et le bien-être du chien mâle et de sa progéniture potentielle.

Signes de fertilité chez les chiens mâles

Les yeux d'un chien mâle, reflétant la vigilance et la santé, indicatifs de fertilité.]

Lorsqu’on envisage un chien mâle pour la reproduction, l’un des premiers signes que les éleveurs ont tendance à rechercher est l’intérêt pour les femelles, en particulier celles en chaleur.

Ce trait comportemental est souvent perçu comme un feu vert, signalant que le mâle est prêt à contribuer à la génération suivante.

Cependant, il est essentiel de comprendre qu’il s’agit simplement d’un indicateur externe qui n’équivaut pas nécessairement à une fertilité réelle.

La préparation comportementale, comme montrer un vif intérêt pour les femelles ou afficher des comportements d’accouplement, suggère certes qu’un chien mâle atteint une phase reproductive. Pourtant, cela seul ne peut garantir la fertilité.

La véritable mesure de la capacité d’un chien mâle à procréer ne réside pas seulement dans son empressement, mais dans la viabilité et la qualité de son sperme.

Je suis en mission pour tout apprendre sur l’élevage des chiens et des chats. Inscrivez-vous à ma newsletter pour suivre mon parcours et recevoir du contenu exclusif ainsi que des offres spéciales !

C’est une distinction qui mérite d’être soulignée : alors qu’un comportement peut suggérer une préparation, le potentiel de fertilité est une question entièrement différente, qui nécessite une analyse plus approfondie.

Dans mon parcours professionnel, j’ai rencontré de nombreux cas qui défient les attentes conventionnelles.

Il y a eu des cas où des chiens montraient peu ou pas d’intérêt pour les femelles, indépendamment de leur statut reproductif, mais leur analyse de sperme révélait un excellent potentiel de fertilité.

À l’inverse, et peut-être plus couramment, des chiens à forte libido et apparemment prêts à s’accoupler se sont avérés ne produire aucun sperme.

Ces exemples soulignent la complexité de la fertilité canine et les pièges liés au fait de se fier uniquement aux comportements observables.

Au cœur de l’évaluation de la fertilité du chien mâle se trouve l’examen critique connu sous le nom de spermogramme.

Cette analyse détaillée du sperme d’un chien est la pierre angulaire pour comprendre son potentiel de fertilité.

Un spermogramme va au-delà de la simple observation, offrant un aperçu complet du nombre de spermatozoïdes, de leur motilité, morphologie et autres paramètres vitaux qui influencent la capacité d’un chien à engendrer des chiots.

C’est un outil crucial tant pour les éleveurs que pour les vétérinaires, offrant l’image la plus claire des capacités de reproduction d’un étalon.

Bilans de santé avant la reproduction

Avant d’envisager un chien mâle pour la reproduction, réaliser un Examen d’Aptitude à la Reproduction est impératif à mon avis.

Cette évaluation vétérinaire complète garantit que le chien est physiquement et génétiquement apte à la reproduction, un aspect souvent négligé mais crucial dans le domaine de l’élevage canin responsable.

Un élément clé de cet examen est l’évaluation du Score de Condition Corporelle du chien.

De nos jours, c’est TOUJOURS par là que je commencerais !

Il est alarmant de noter que des études révèlent que jusqu’à 20% des chiens d’exposition sont soit en surpoids, soit obèses.

Bien que beaucoup soient conscients des problèmes de santé courants liés à l’obésité chez les chiens, comme le stress articulaire, le diabète et les problèmes cardiovasculaires, son impact sur la fertilité est moins connu mais tout aussi significatif.

L’excès de graisse, particulièrement autour de la région scrotale, peut entraîner une augmentation de la température testiculaire. Étant donné que les testicules résident à l’extérieur de l’abdomen dans le scrotum pour maintenir une température plus basse essentielle à la production de sperme, toute élévation de température peut arrêter le développement des spermatozoïdes.

De plus, le tissu adipeux est hormonalement actif, produisant des hormones sexuelles en petites quantités.

Bien que ces quantités soient minimes, la sensibilité du système reproducteur aux fluctuations hormonales signifie que même de légers changements peuvent perturber son équilibre finement ajusté.

Cela est vrai non seulement chez les chiens mais aussi chez les humains, soulignant l’importance universelle de maintenir un poids santé pour la santé reproductive.

Un cabinet vétérinaire avec un chien mâle assis calmement sur la table d'examen, et un vétérinaire professionnel examinant le chien.

L’Évaluation d’Aptitude à la Reproduction offre également une opportunité d’inspecter le tractus génital du chien mâle.

Cela inclut de s’assurer de la conformation normale du pénis et des testicules, qui devraient tous deux être présents dans le scrotum.

La présence d’un testicule ectopique, où un testicule ne descend pas, indique un trouble génétique, rendant le mâle inapproprié pour la reproduction.

Plus d’informations sur les testicules ectopiques dans ces deux blogs que j’ai écrits sur le sujet :

Doc, il manque une “boule” : est-ce que ça va poser problème ?

Testicule ectopique chez les chiots : quel est le pronostic ?

Un autre aspect vital de cet examen est le test de brucellose canine, particulièrement recommandé en Amérique du Nord.

La Société de Thériogénologie conseille : “Tous les chiens destinés à la reproduction devraient être testés de manière appropriée pour la brucellose canine afin de prévenir la propagation de cette maladie. Au minimum, les deux membres d’un couple reproducteur devraient être testés avant chaque accouplement. Tous les chiens destinés à la reproduction devraient être régulièrement testés pour la brucellose canine, soit au moment de l’accouplement, soit tous les six mois.”

Cette recommandation est particulièrement pertinente étant donné la résurgence récente de la brucellose canine en Amérique du Nord et en Europe occidentale, dissipant le mythe selon lequel il s’agirait d’une relique du passé.

Comment s’assurer que votre chien mâle est fertile ?

Une vue détaillée en gros plan de spermatozoïdes canins sains et vibrants sous un microscope, représentant le sommet de la fertilité du chien mâle.

L’importance des visites vétérinaires régulières

Pendant mon mandat à l’école vétérinaire de Paris, il était rare de rencontrer des consultations spécifiquement axées sur le contrôle de la fertilité chez les chiens mâles.

En y réfléchissant, je crois fermement que le discours doit évoluer vers une approche plus proactive dans la gestion de la fertilité canine mâle.

Il y a une sagesse intemporelle dans l’adage “Mieux vaut prévenir que guérir,” et plus j’y pense, plus je réalise que cela est particulièrement vrai dans le domaine de la reproduction canine.

Les évaluations régulières de fertilité remplissent une fonction critique, nous permettant de surveiller continuellement la qualité du sperme des chiens mâles.

Cette évaluation continue fournit une référence, facilitant la détection précoce de tout problème de fertilité émergent.

Malheureusement, la tendance actuelle penche vers des mesures réactives plutôt que préventives.

Par exemple, l’analyse du sperme est souvent réalisée dans l’intention de congeler du sperme, généralement lorsque le chien a atteint certains jalons ou titres.

Cependant, ce retard peut être préjudiciable ; au moment où ces réalisations sont atteintes et que des arrangements pour la congélation du sperme sont faits, la qualité du sperme peut ne plus être optimale pour le processus de congélation.

C’est une erreur courante, beaucoup ne réalisant pas que la qualité du sperme, comme de nombreux attributs biologiques, est à son apogée pendant les jeunes années de la vie d’un chien.

De plus, l’intervention vétérinaire est fréquemment recherchée seulement après qu’un chien mâle a vainement tenté de s’accoupler avec plusieurs femelles, dont aucune n’a abouti à une gestation.

Cette posture réactive complique non seulement le problème de fertilité mais limite également les options d’intervention efficace.

En revanche, adopter une approche proactive de la gestion de la fertilité pourrait considérablement améliorer les résultats des programmes d’élevage.

La Société de Thériogénologie souligne l’importance des évaluations vétérinaires de routine pour les étalons, particulièrement pour la détection précoce et la gestion des affections de la prostate et des testicules.

De mon côté, je pense qu’il serait idéal que ce type d’évaluation soit réalisé sur les étalons au moins une fois par an, pour garantir une santé et une fertilité durables.

Le rôle du Spermogramme

Les mains d'un vétérinaire réalisant un spermogramme sur un chien, représentant la section 'Le Rôle du Spermogramme

Pour vraiment comprendre le potentiel de fertilité d’un chien mâle, le spermogramme s’impose comme la référence absolue parmi les tests.

Cette procédure implique de collecter du sperme, généralement par masturbation, avec parfois la présence d’une femelle “teaser” pour faciliter le processus. Cependant, gardez à l’esprit que les chiens expérimentés habitués à la collecte de sperme pourraient ne pas toujours en avoir besoin.

Le sperme collecté est divisé en trois phases distinctes :

Fraction de l’éjaculatDescription
Fraction pré-spermatique (ou 1ère fraction)Principalement du liquide prostatique, translucide et parfois contaminé par l’urine. Son rôle principal est de lubrifier le tractus génital féminin avant l’accouplement.
Fraction riche en sperme (ou 2ème fraction ou Phase Spermatique)Contient les spermatozoïdes. Sa couleur N’EST PAS un indicateur de qualité, mais simplement un reflet de la concentration du sperme. Plus elle est blanche, plus elle est concentrée.
Fraction post-spermatique (ou 3ème fraction ou Phase Prostatique)À nouveau principalement du liquide prostatique. Volume important comparé aux autres fractions. Typiquement translucide. Sert également à évacuer le sperme restant de l’urètre.

Les Trois Phases de l’Éjaculat Canin

Le spermogramme se concentre sur l’analyse de la fraction riche en sperme pour évaluer les paramètres critiques qui définissent la qualité du sperme.

Trois aspects principaux sont méticuleusement examinés lors d’un spermogramme : la motilité, la numération et la morphologie.

La motilité fait référence au mouvement et à l’agilité des spermatozoïdes, un attribut vital pour une fécondation réussie.

La numération est le nombre de spermatozoïdes dans l’éjaculat, indiquant le volume de fertilisants potentiels.

La morphologie étudie la forme et la structure des spermatozoïdes, identifiant toute anomalie qui pourrait entraver leur capacité fécondante.

Sur la base de ces observations, les vétérinaires peuvent déterminer la qualité du sperme et, par extension, la viabilité reproductive du chien mâle.

ParamètreComment il est évalué en clinique vétérinaireInterprétation
MotilitéExamen sous le microscope CASA(Analyse de Sperme Assistée par Ordinateur)>80% : bon >50-80% : moyen <50% : mauvais
NumérationCellule de Thomas pour ComptageSpectrophotomètreDépend de la taille du chien, voici ce qui est considéré comme normal : Petits Chiens : 400-600 Millions de Spermatozoïdes/Éjaculat Chiens Moyens : 600-800 Millions de Spermatozoïdes/Éjaculat Grands Chiens : 800-1 000 Millions de Spermatozoïdes/Éjaculat Chiens Géants : >1 Milliard de Spermatozoïdes/Éjaculat
MorphologieExamen sous le microscope (Spermac, coloration éosine-nigrosine)<30% formes anormales : Bon 30-50% formes anormales : Moyen >50% formes anormales : Mauvais

Comment Interpréter la Qualité du Sperme chez les Chiens Mâles

Cependant, il est crucial de garder à l’esprit deux facteurs qui soulignent la complexité de la fertilité canine.

Premièrement, la production de sperme chez les chiens s’étend généralement sur environ 63 jours.

Cette durée implique que tout événement adverse, comme une maladie, une blessure ou un traitement pendant cette période, pourrait nuire à la qualité du sperme.

Il est donc pratique courante d’attendre au moins deux mois après la guérison avant de réévaluer la qualité du sperme d’un étalon pour permettre la régénération d’une population saine de spermatozoïdes.

Un chien mâle, peut-être un Labrador, se tenant majestueusement dans un champ verdoyant, représentant le concept de maturité sexuelle chez les chiens.

De plus, divers facteurs externes peuvent influencer la qualité du sperme.

Par exemple, durant un été exceptionnellement chaud à Paris, j’ai observé un déclin significatif de la qualité du sperme chez les Leonbergers, une race pourtant connue pour sa robustesse.

Les températures élevées avaient probablement impacté la spermatogenèse, le processus de production de sperme. Et avec l’arrivée des températures plus fraîches de l’automne, une évaluation ultérieure a révélé une amélioration remarquable de la qualité de leur sperme, soulignant la nature transitoire de certains problèmes de fertilité.

Le stress joue également un rôle primordial dans la production de sperme.

Le cortisol, hormone induite par le stress, peut affecter négativement la qualité du sperme, renforçant la nécessité d’un environnement calme et stable pour les chiens reproducteurs.

Étant donné ces variables, un seul spermogramme pourrait ne pas donner l’image complète de la fertilité d’un chien. Il est conseillé de réaliser deux à trois spermogrammes, espacés d’au moins deux mois, pour obtenir une compréhension complète du véritable potentiel de fertilité du chien.

Examen échographique du système reproducteur du mâle

Un vétérinaire réalisant une échographie du système reproducteur d'un chien mâle. Le vétérinaire, concentré et méticuleux, utilise la sonde échographique sur l'abdomen du chien, avec l'écran d'échographie affichant des images détaillées de l'anatomie reproductive.

Un autre outil de diagnostic essentiel se présente : l’examen échographique du tractus génital, se concentrant particulièrement sur les testicules et la prostate.

Cette technique d’imagerie non invasive offre une fenêtre sur le fonctionnement interne du système reproducteur d’un étalon, offrant des aperçus inestimables qui vont au-delà de la surface.

La prostate, étant la seule glande dans le tractus génital du chien mâle, joue un rôle crucial dans la fertilité.

De façon étonnante, ses sécrétions constituent plus de 90% du volume de l’éjaculat.

Cela met en évidence un fait simple : toute affection touchant la prostate a le potentiel d’impacter significativement la fertilité.

Les troubles prostatiques, malheureusement, ne sont pas rares chez les étalons.

Avec l’âge, la prostate a tendance à s’hypertrophier, une condition connue sous le nom d’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP). Bien que de nombreux chiens atteints d’HBP puissent ne pas montrer de symptômes extérieurs, la condition peut insidieusement compromettre la fertilité.

Aperçus hormonaux : Le rôle des niveaux d’œstrogènes dans l’évaluation de la fertilité canine

Un vétérinaire consultant un grand écran d'ordinateur détaillé affichant un résultat de spermogramme pour un chien mâle. L'écran montre diverses métriques et graphiques, illustrant la santé et la vitalité du sperme.

Les analyses sanguines hormonales émergent également comme un outil crucial dans notre arsenal diagnostique.

Bien que le dosage de la testostérone puisse sembler le choix le plus évident, sa pertinence diminue dans les cas où le chien mâle présente une libido normale.

Mon attention se porte plutôt vers une hormone moins attendue chez les chiens mâles : l’œstrogène.

Les œstrogènes, généralement associés à la santé reproductive féminine, peuvent révéler des informations significatives lorsqu’ils sont présents à des niveaux élevés chez les chiens mâles entiers.

Des niveaux élevés d’œstrogènes chez ces chiens peuvent signaler une affection sous-jacente connue sous le nom de dégénérescence testiculaire.

Pour le dire simplement, la dégénérescence testiculaire fait référence à la détérioration progressive des testicules, qui peut conduire à une diminution de la production de sperme et à une fertilité globalement compromise.

Cette condition peut provenir de diverses causes, y compris l’âge, les infections, ou même des facteurs génétiques, conduisant à la perte progressive de la fonction testiculaire.

Face à un chien mâle souffrant d’infertilité, la détection de niveaux élevés d’œstrogènes peut être un signal d’alarme. Cela suggère que non seulement la fertilité du chien est en danger, mais qu’il pourrait aussi y avoir des dommages irréversibles au tissu testiculaire.

Dans de tels cas, le pronostic pour la restauration naturelle de la fertilité est sombre.

La présence de niveaux élevés d’œstrogènes chez un chien mâle indique non seulement des problèmes reproductifs actuels, mais signale également un déclin potentiellement irréversible de la fertilité.

Cultures ET la fertilité canine ?

une représentation scientifique de molécules d'œstrogène, illustrant la section 'Aperçus hormonaux : Le rôle des niveaux d'œstrogènes dans l'évaluation de la fertilité canine

Le domaine des tests de fertilité canine nous amène souvent au carrefour de la tradition et de l’innovation.

Une approche traditionnelle qui émerge fréquemment est la culture d’éjaculat pour identifier toute infection bactérienne anormale. C’est quelque chose que j’entends très régulièrement…

Initialement, j’entretenais un scepticisme envers cette méthode, principalement parce que le sperme n’est intrinsèquement pas stérile.

Nous rencontrons presque toujours un certain niveau de présence bactérienne, ce qui rend l’interprétation de ces résultats particulièrement délicate.

Ce scepticisme est la raison pour laquelle cette étude récente que j’ai mentionnée plus tôt a attiré mon attention, mettant en lumière la relation entre la qualité du sperme et les communautés bactériennes dans l’éjaculat du chien mâle.

L’étude a révélé plusieurs découvertes fascinantes qui méritent notre attention.

Premièrement, elle a réfuté la nécessité de distinguer entre la culture de la deuxième fraction (spermatique) et la troisième fraction (prostatique) de l’éjaculat.

La découverte que les deux fractions donnent des résultats comparables simplifie considérablement le processus de collecte, en particulier compte tenu du volume plus important de la phase prostatique.

Cette simplification pourrait rationaliser l’analyse, la rendant plus accessible et moins complexe.

Deuxièmement, la révélation que les communautés bactériennes du sperme restent cohérentes entre les chiens normospermiques (sperme normal) et tératozoospermiques (beaucoup de spermatozoïdes anormaux dans l’éjaculat) était particulièrement frappante.

Bien qu’il s’agisse d’une étude initiale et que la mise en garde habituelle “des recherches supplémentaires sont nécessaires” s’applique, elle suggère qu’il faut marquer une pause avant de se précipiter dans des analyses bactériennes de l’éjaculat du chien mâle.

Le corpus actuel de connaissances ne justifie pas encore une adoption généralisée de cette pratique sans une compréhension plus claire de ses implications, à mon avis.

La discussion autour du Mycoplasme dans le sperme constituait un autre point fort de l’étude.

Le Mycoplasme, une bactérie courante trouvée dans le tractus génital de nombreux organismes, y compris les chiens, mène souvent à des débats sur sa signification.

L’étude a souligné qu’une écrasante majorité de chiens mâles (89% !!!) hébergent naturellement du Mycoplasme dans leur système reproducteur.

Cela soulève des questions cruciales sur l’interprétation des résultats qualitatifs de PCR qui détectent la présence de Mycoplasme.

Sans un seuil quantitatif pour distinguer les niveaux normaux des niveaux excessifs chez les canins, le rôle pathogène du Mycoplasme dans l’infertilité mâle reste pour le moins ambigu.

Souvent, le Mycoplasme est considéré comme un agent pathogène secondaire, prospérant dans des conditions établies par un problème primaire.

Cette perspective incite à une approche prudente avant d’entreprendre une antibiothérapie extensive, qui pourrait potentiellement conduire à une résistance aux antibiotiques et perturber divers microbiomes – et aujourd’hui nous savons que ceux-ci sont SUPER importants pour la santé de nos animaux !

Problèmes de fertilité courants et solutions

Lisez certains de mes blogs précédents sur ce sujet pour en savoir plus :

Perspectives sur l’élevage canin : Au-delà de la règle !

Mauvaise qualité de sperme ? Voici ce que vous devez vérifier.

Plonger dans cet article a été un retour délicieux aux fondamentaux que je chérissais durant mes jours d’école vétérinaire, où nous abordions les cas d’infertilité masculine avec un dévouement sincère. Bien que les techniques de pointe décrites dans l’étude aient été hors de notre portée à l’époque, notre approche, bien que moins avancée technologiquement, servait efficacement nos clients éleveurs de chiens. En réfléchissant aux progrès réalisés, c’est passionnant d’envisager un avenir enrichi de tests innovants comme l’analyse du microbiome du sperme, promettant des aperçus plus profonds et des percées dans la fertilité canine. Oui, nous sommes au seuil de ces avancées, et il y a une indéniable excitation à voir où elles nous mèneront dans notre quête continue d’améliorer la santé reproductive canine.

One of the most common challenge we encounter in breeding kennels is NEONATAL MORTALITY. 

It can be very frustrating… even heart-breaking.

Good news though : you can do something about it ! 

We now have more knowledge than ever in this discipline. 

In recent years, new research brought us a much better understanding of what can be done to optimize the health of newborn puppies.

By taking this course, this is what you will learn indeed ! 

Leave a comment