Déjouer l’énigme du syndrome de dépérissement des chiots: Astuces & Conseils

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Durant ces dix dernières années, j’ai parcouru le monde pour donner des conférences sur la néonatalogie canine, un sujet peu explorée dans le domaine vétérinaire.

Mon auditoire était composé de vétérinaires expérimentés ainsi que d’éleveurs canins, tous motivés pour améliorer leur approche dans ce domaine.

Cette discipline, qui se concentre sur les chiots de 0 à 3 semaines, a longtemps été un domaine un peu “nébuleux” de la médecine vétérinaire. Nous avons encore beaucoup à découvrir certes… mais il est cependant remarquable de constater les avancées que nous avons réalisées et les connaissances que nous avons accumulées au fil des années dans ce domaine!

Parmi les nombreux aspects de la néonatalogie canine que je discute dans mes conférences, le “syndrome du chiot dépérissant” (Fading Puppy Syndrome en anglais) est un concept sur lequel on me question souvent… et qui a tendance à susciter chez moi un sourire en coin.

Pourquoi ? Laissez-moi vous expliquer.

J’ai entendu bon nombre d’histoires, racontées à la fois par des éleveurs et des vétérinaires, qui relatent avec tristesse comment ils ont perdu des portées entières à ce prétendu “syndrome du chiot déperissant”.

Si vous avez déjà assisté à l’une de mes conférences, vous aurez remarqué que ce sujet est abordé de manière… différente de la perception courante.

En fait, mes conférences actuelles commencent par la question suivante:

“Selon vous, quel est le pourcentage de chiots qui décèdent en raison du syndrome du chiot dépérissant ?

Est-ce 5 %, 10 %, 20 %… ou est-ce que ce syndrome n’existe pas en fait ?”

Quatre alternatives qui suscitent généralement de grandes discussions.

Pourtant, la réponse que je propose a tendance à provoquer une certaine agitation parmi les participants.

À la surprise de beaucoup, mon affirmation est très claire : le “syndrome du chiot dépérissant” n’existe pas en fait.

Je sais, plutôt controversé… mais laissez-moi vous expliquer !

"Syndrome du chiot Dépérissant" : Une boîte de préoccupations

L'analogie de la boîte en carton sert à illustrer que ce "syndrome" est davantage une sorte de fourre-tout pour les innombrables causes potentielles pouvant entraîner la mauvaise santé (mortalité) et même la mort des chiots pendant la période néonatale.

“Syndrome du chiot Dépérissant” : Une boîte de préoccupations

Vous vous demandez peut-être pourquoi l’image accompagnant ce paragraphe est une boîte en carton – en tout cas j’espère sincèrement que cela suscite votre curiosité !

À mon sens, cette boîte est la représentation visuelle parfaite de ce que symbolise le “syndrome du chiot dépérissant”.

Avant d’entrer dans les détails, prenons un instant pour clarifier ce qu’est un “syndrome”.

En termes simples, un syndrome désigne un ensemble de symptômes qui se manifestent fréquemment ensemble, dessinant un tableau commun d’une condition ou d’une maladie particulière.

Alors, que signifie réellement le “syndrome du chiot dépérissant” ? Essentiellement, c’est un terme qui évoque des chiots nouveau-nés qui ne grandissent pas correctement… mais cela n’indique en rien la raison derrière ce qui est observé !

L’analogie de la boîte en carton sert à illustrer que ce “syndrome” est davantage une sorte de fourre-tout pour les innombrables causes potentielles pouvant entraîner la mauvaise santé (mortalité) et même la mort des chiots pendant la période néonatale.

À l’intérieur de cette boîte se trouvent de nombreux coupables potentiels : des défauts congénitaux, des maladies infectieuses, des dystocies (un terme utilisé pour décrire une mise-bas difficile ou anormale), le syndrome des 3-H (hypothermie, hypoglycémie, déshydratation), un faible poids à la naissance, et bien d’autres encore.

Le “syndrome du chiot dépérissant” n’est pas une maladie distincte, mais la manifestation d’une ou plusieurs de ces conditions.

Malheureusement, dans les conversations que j’ai eues sur le sujet, ce terme est souvent mal interprété comme une maladie à part entière.

En réalité, de nombreuses personnes y ont recours lorsqu’elles ne sont pas certaines de ce qui cause la mauvaise santé d’un chiot, ce qui le rapproche de ce que nous appelons en médecine vétérinaire une maladie “idiopathique” – un terme sophistiqué pour désigner une condition dont la cause reste obscure ou inconnue en fait.

Ainsi, bien que le “syndrome du chiot dépérissant” indique l’incapacité d’un chiot à grandir correctement, il n’identifie pas la cause profonde.

Plutôt que de se référer en permanence à ce terme générique, il est plus bénéfique de se concentrer sur l’identification et la prévention des divers facteurs contributifs pouvant entraîner ces problèmes.

Dans notre domaine fascinant de la biologie, il y a toujours plus à apprendre, et je suis convaincu qu’il existe encore bien des causes de mortalité néonatale chez les chiots qui restent à découvrir.

Cependant, ne tombez pas dans le piège de considérer le “syndrome du chiot dépérissant” comme une maladie spécifique.

Lorsque vous êtes confronté à cette situation, la première chose à faire consiste à approfondir les causes sous-jacentes potentielles, et y faire face de front, car c’est la seule façon à mon sens pour lutter efficacement contre ce problème.

Soins AUX chiots : Déjouer le "syndrome du chiot DÉPÉrissant"

L'image ci-dessus illustre mes recommandations actuelles pour surveiller les chiots nouveau-nés, notamment au cours des 48 premières heures suivant la naissance, qui sont les plus critiques en fait.

Bien qu'une balance reste indispensable, l'associer à un thermomètre et à un glucomètre peut considérablement améliorer votre évaluation de la santé d'un chiot nouveau-né.

Soins AUX chiots : Déjouer le “syndrome du chiot DÉPÉrissant”

Une question fréquente qui émerge lorsque j’aborde ce sujet est la suivante : comment pouvons-nous mieux prévenir et éviter de telles complications chez les chiots ?

Protocole de survie 48h du chiot nouveau-né - Guide gratuit par Dr. Emmanuel Fontaine

Dans mes précédents blogs et conférences, j’ai toujours recommandé d’avoir une balance comme un outil essentiel dans votre maternité pour les chiots.

Ce conseil reste valable aujourd’hui, avec une règle simple : un chiot en bonne santé prend du poids au quotidien. En revanche, une perte de poids ou un plateau est souvent le premier signe préoccupant d’un chiot qui ne va pas bien.

Mais bonne nouvelle : nos protocoles se sont considérablement améliorés ces dernières années, ce qui nous permet d’identifier les chiots en difficulté plus précocement que par le passé.

L’image ci-dessus illustre mes recommandations actuelles pour surveiller les chiots nouveau-nés, notamment au cours des 48 premières heures suivant la naissance, qui sont les plus critiques en fait.

Bien qu’une balance reste indispensable, l’associer à un thermomètre et à un glucomètre peut considérablement améliorer votre évaluation de la santé d’un chiot nouveau-né.

Je vous suggère également de mettre en place les scores d’APGAR, une technique empruntée à la néonatologie humaine qui est depuis longtemps la référence en matière d’évaluation de la santé néonatale.

Il s’agit d’une évaluation rapide réalisée après la naissance qui examine l’Apparence, le Pouls, les Grimaces, l’Activité et la Respiration d’un nouveau-né.

Plus tôt vous pouvez identifier les chiots à risque, mieux vous êtes équipé pour leur fournir l’aide nécessaire.

Au cours de la dernière décennie, j’ai constamment répété: “Mieux vaut prévenir que guérir”, une maxime qui, selon moi, prend tout son sens dans le domaine de la néonatalogie canine.

En suivant un tel protocole, vous serez bien préparé pour détecter les chiots vulnérables et prendre rapidement des mesures correctives pour résoudre leurs problèmes de santé.

"Syndrome du chiot Dépérissant" : Démystifier le terme générique

De plus, reconnaître que le "syndrome du chiot dépérissant" n'est pas une maladie spécifique, mais un terme générique désignant divers problèmes de santé, peut vous donner le pouvoir d'agir rapidement et efficacement. Vous ne luttez pas contre une maladie fantôme, mais contre des conditions identifiables qui peuvent être prises en charge et gérées par conséquent.

“Syndrome du chiot Dépérissant” : Démystifier le terme générique

Vous avez probablement compris que je ne suis pas fan de l’utilisation du terme “syndrome du chiot dépérissant” (même si je l’ai mentionné à plusieurs reprises dans le texte ici !).

Il s’agit simplement d’une opinion personnelle, mais je trouve que ce terme induit souvent en erreur et ne met pas en évidence la véritable cause du problème.

Cela étant dit, je comprends pourquoi il est largement utilisé. Lorsque l’on est confronté aux cas malheureux de mortalité néonatale dans les élevages, ces situations peuvent être profondément frustrantes. Il est souvent difficile de déterminer avec certitude ce qui s’est passé.

J’espère de tout coeur que vous n’aurez jamais à faire face à de tels scénarios… mais la réalité de l’élevage canin est telle qu’il faut bien reconnaître la possibilité que de tels événements surviennent.

Si cela se produit, mon conseil est de consulter rapidement votre vétérinaire.

Il existe désormais des méthodes pour faire face à de telles circonstances, et il est crucial de collecter rapidement des échantillons afin de permettre d’éventuelles nécropsies, études histologiques, évaluations bactériologiques ou tests PCR si nécessaire.

Série Fondamentaux de l'Élevage Chien et Chat - Cours gratuit par Dr. Emmanuel Fontaine

Souvenez-vous, comprendre ce qui s’est passé est essentiel au sein d’un environnement d’élevage. C’est cette connaissance qui nous permet de développer des stratégies de prévention pour l’avenir.

De plus, reconnaître que le “syndrome du chiot dépérissant” n’est pas une maladie spécifique, mais un terme générique désignant divers problèmes de santé, peut vous donner le pouvoir d’agir rapidement et efficacement. Vous ne luttez pas contre une maladie fantôme, mais contre des conditions identifiables qui peuvent être prises en charge et gérées par conséquent.

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